En hiver, pour survivre , le pika du Tibet se régale des bouses de yak

Le pika du Tibet n’hiberne pas et  doit trouver pitance l’hiver venu alors qu’un épais manteau de neige enfouit le végétation dont il fait son ordinaire le reste de l’année. Par chance il côtoie sur ces hauts plateaux un autre herbivore, le yak domestique, et se nourrit de ses bouses qui contiennent suffisamment d’éléments nutritifs pour lui permettre de franchir cette période de disette et faire la soudure (1). En terme savant, ce mode de nourrissage peut être qualifié de coprophagie, sachant que par nature, le pika est coecotrophe ! 

Pikas sur ses gardes et pikas amoureux (ref. 1)

 

L’ordinaire du pika du Tibet à la belle saison est fait d’herbages, comme les lapins et lièvres ses confrères de longue date, plus de 55 millions d’années. Et tout comme eux, l’assimilation-digestion de cette cellulose  des prés se fait en deux temps : le pika dévore dans la journée les plantes qui s’offrent à lui, puis la nuit venue, il réabsorbe les fèces issues de cette première ingestion pour que son organisme s’enrichisse des sucres qu’elles renferment. Ce processus digestif qualifié de coecotrophie est plus que nécessaire : les nutriments assimilables par son organisme lors de la première ingestion ne sont pas suffisamment dégradés lorsqu’ils traversent le duodénum.Mais des micro-organismes qui résident dans son caecum vont jouer ce rôle qui lui permettra lors de  la ré-absportion de ses fèces d’assimiler la cellulose dégradée en glucose et les vitamines qui lui sont associées.

A l’inverse de bien des mammifères qui vivent dans la contrée, le pika du Tibet n’hiverne pas, et doit s’alimenter toute l’année de façon soutenue.  Pour faire la soudure avec la saison de  la repousse au printemps, les pikas se nourrissent des bouses du yak domestique ( Bos grunniens). Dans l’hiver alors que son métabolisme est au plus bas, l’absorption de bouses de yak lui permet de surmonter la mauvaise saison. On peut ajouter qu’une vidéo proposée en annexe de la publication citée montre un pika danse zone partiellement enneigée mais où la végétation perce ici ey là. Or l’ petit animal préfère à tout autre nourriture une boue de yak dont d’évidence il se délecte… cettte coprophagie saisonnière lui évite-t-elle la coecotrophie journalière et quasi obligée ? 

(1). Speakman et al, 2021. Surviving winter on the Qinghai-Tibetan Plateau: Pikas suppress energy demands and exploit yak feces to survive winter. PNAS July 27, 2021 118 (30) e2100707118; https://doi.org/10.1073/pnas.2100707118

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