Trop de chats en Suisse ?

Trop de chats nuit. C’est ce que vient de décréter une société helvète de protection  des animaux. Au train où vont les affaires dans ce  pays, il n’est pas impossible que des citoyens de la Confédération décident que la question mérite que soit organisée une votation.

En Suisse vivent 1.4 millions de chats au crochet des 8 millions de bipèdes qui assurent leur subsistance. Et il semblerait que la démographie des félins soit en passe de surprendre celle des humains. « Les chats m’inquiètent » ont déclaré certains.

Voyons les chiffres. À Zurich, ville des Banques, on compte 220 chats au kilomètre carré. C’est peu, si l’on songe que Rome, le Saint-Siège, est beaucoup plus peuplée : elle héberge et nourrit plus de 2000 félins dans le même espace. Quant à La Mecque, je n’ose avancer un chiffre, sachant que le chat fut l’animal préféré du Prophète.

Cependant ce sont moins les chats des villes que les chats des champs que l’on redoute. Et dans ce pays montagneux qu’est la Suisse, on aime avant tout la nature naturelle. Bien que gavés de croquettes, les chats sont des chasseurs vagabonds insaisissables : ils pillent les nids, tuent les lézards, les portées de tout animal sauvage, jusqu’à triomphalement rapporter leurs prises à leurs maitres, et la déposer en hommage sur leur paillasson.

Pour parer à la montée en puissance de la démographie féline, certains préconisent une politique qui ailleurs a fait ses preuves, celle du chat unique : chaque foyer suisse ne pourra abriter et élever qu’un seul minou. http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Un-chat-au-max-par-foyer-pour-prot-ger-leurs-proies-23716865

Mais en tout bien tout honneur, et surtout sans arrière pensée gastronomique : il se trouve que je viens  de découvrir qu’en Suisse, il n’y a pas que dans les gargotes mal famées que les chats se retrouvent au menu. Et le petit dessin ci dessous publié sous les crayons de Ben par l’association SOS Chats http://www.soschats.org/ nous rappelle qu’il existe bien ancrée dans les mœurs du pays une tradition culinaire aussi cruelle et désuète que la mise à mort de bovidés en Espagne et dans le Sud de la France, ou les combats de gallinacées ailleurs. En Suisse, chats et chiens peuvent être des plats de résistance goutés.

 

Dessin de Ben en soutien de la cause féline et canine  réalisé pour SOSchats

Dessin de Ben en soutien de la cause féline et canine réalisé pour SOSchats

En quelle occasion est-elle apparue ? En période de disette ? Lors de concours gastronomiques où les participants étaient invités à faire preuve d’originalité voire d’exotisme ? Cette « mode » est forcément relativement récente : le chat n’est devenu fréquent dans les foyers en Europe qu’au début du Moyen Age.  Et il a gagné ses lettres de noblesse en livrant combat aux rats et à la peste,  et aussi aux souris et mulots  pour sauver les récoltes dans les greniers. Certes pendant le siège de Paris en 1870 il a pu être servi à table, comme il le fut sous l’Occupation en France.

Mais après tout, tenter de trouver une explication à ce type de « tradition » aussi cruelle qu’idiote n’est-ce pas essayer de justifier ce qui ne peut pas l’être. Humour et dérision sont les seules réponses qui vaillent.

 

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