Où va la philosophie ?

02.08.2013 | par Philippe Boulanger | Non classé

Nous sommes l’un des rares pays d’Europe à enseigner la philosophie au lycée et c’est la première épreuve écrite du baccalauréat. Bel et bon. Mon regret est  que la philosophie reste très isolée et  que les choix restent figés selon des critères apparemment intangibles. Je m’interroge : pourquoi passer autant de temps sur Platon et Aristote, et passer ensuite directement ou presque à Sartre et l’existentialisme? Spinoza, Leibnitz, Pascal, Descartes et bien d’autres sont, dans la pratique, à peine mentionnés, comme frappés d’ostracisme. Tout comme, depuis l’historien Michelet qui n’aimait pas la période, les philosophes du Moyen Âge, les Gerbert d’Aurillac,  Abélard, Anselme de Canterbury, Thomas d’Aquin dont les disputes  et les quolibets sur le nominalisme et le réalisme seraient d’actualité en physique des particules et en mathématiques. Et la réflexion logique d’Abélard fondée sur la grammaire était une première avancée, lointaine certes, mais reconnaisable, vers les études axiomatiques modernes et les théorèmes de Gödel sur l’indécidabilité.

D’autre part, tout comme il y a un siècle, la logique reste généralement trop enfermée dans l’étude des syllogismes. Là encore les avancées des logiciens, notamment sur la théorie de la calculabilité, éclaireraient nos possibilités de connaissance philosophique du monde. Je sais bien que les programmes (dans la mesure discutable de leur clarté) évoquent le contraire de ce qui vient d’être brièvement avancé, mais les remarques résultent de ce que disent les élèves et les observateurs.

Les disciplines de la pensée se nourrissent des apports des autres connaissances, la géographie de la géologie, la psychologie de l’imagerie cérébrale récemment, mais les exemples sont trop nombreux pour être remarquables.

Inversement, si elle désirait s’intéresser aux questions actuelles des sciences, la philosophie apporterait sa propre vision enrichissante.


3 commentaires pour “Où va la philosophie ?”

  1. janpol Répondre | Permalink

    Être ou ne pas être, n'est-il pas la question ?
    Mais quelle est la réponse ?
    Indécidable, direz-vous.
    Oh ! Répondrai-je ... en êtes-vous sûr ?

  2. Grivois Répondre | Permalink

    Non seulement les questions actuelles sciences mais aussi des événements politiques et religieux, de l'évolution des centres d'intérêts individuels et collectifs (entertainment, immédiateté) qui impliquent des visions nouvelles de l'homme et de la pensée.

  3. Grivois Répondre | Permalink

    Non seulement les questions posées par les sciences actuelles mais les questions nouvelles posées par l'évolution de la politique, des moeurs, de la religion, des centres d'intérêt individuels et collectifs, de l'mmédiadeté etc...
    La philosophie semble figée dans des questionnements sur des sujets hors du temps.

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