Observatoire de la psychanalyse à l’université : les postes d’enseignants-chercheurs 2021

Il y a un an, je publiais la première analyse quantitative de la part de la psychanalyse au sein des postes d’enseignants-chercheurs en psychologie ouverts dans les universités françaises en 2020. Un 2ème article faisait des statistiques similaires pour les mentions de master en psychologie. Voici maintenant les résultats des mêmes analyses effectuées sur les postes ouverts en 2021.

Demandes de qualification en 2021

Les qualifications au poste de professeur des universités ayant été supprimées, seules restent à analyser les demandes de qualification au poste de maître de conférences (MCF). Elles reflètent donc les courants représentés parmi les jeunes docteurs en psychologie.

Figure 1. Demandes de qualification au poste de Maître de conférences des universités en 2021. Source: Section 16 du CNU.

 

Au sein de la psychologie clinique, on observe une prédominance des courants non psychanalytiques (63%), comme en 2020.

Postes d’enseignants-chercheurs en psychologie ouverts en 2021

J’ai téléchargé le 22/03/2021 la liste des postes d’enseignants-chercheurs ouverts au concours en 2021 sur le portail Galaxie. Le fichier est disponible ici. J’ai extrait ceux qui relevaient de la section 16, puis je les ai catégorisés (colonne F) selon les sous-disciplines, sur la base du profil indiqué (colonne E du fichier). Pour la catégorie Psychologie clinique, j’ai de plus subdivisé entre Psychologie clinique psychanalytique et Psychologie clinique non psychanalytique. Lorsque que l’intitulé du profil de poste n’était pas suffisamment explicite pour déterminer immédiatement l’orientation, j’ai consulté le profil complet. Par souci de transparence je donne dans ces cas le lien vers le profil (colonne B). Je peux bien sûr avoir fait des erreurs de catégorisation, n’hésitez pas à me les signaler.

La figure ci-dessous donne les résultats pour les postes de maîtres de conférences (MCF) (les nombres de postes sont également compilés dans le fichier source dans les colonnes I-K).

La figure ci-dessous donne les résultats pour les postes de professeurs des universités (PR).

Au total, 68 postes étaient ouverts au concours en psychologie, dont 22 en psychologie clinique. Comme l’année dernière, la majorité des postes en psychologique clinique (13 sur 22) sont affichés avec une orientation psychanalytique, seule une minorité sont ouverts pour toutes les autres orientations cliniques (9 sur 22).

En revanche, en 2021, cette répartition n’est pas similaire entre les postes de maitres de conférences (MCF) et de professeurs des universités (PR). En effet, chez les MCF, 8 postes sur 12 sont d’orientation psychanalytique, alors que chez les PR, seuls 5 postes sur 10 le sont. Il n’y a pas d’explication évidente à cela, si ce n’est que les nombres sont faibles et les différences pas forcément significatives.

En tout état de cause, les recrutements de 2021 ne sont pas de nature à remettre à en cause la prépondérance de la psychanalyse au sein de la psychologie clinique dans les universités françaises. De plus, comme l’année dernière, on ne peut que constater un déséquilibre entre les postes de MCF ouverts au concours en psychologique clinique (très majoritairement psychanalytiques), et les demandes de qualification des jeunes docteurs en psychologie (majoritairement non psychanalytiques).


18 commentaires pour “Observatoire de la psychanalyse à l’université : les postes d’enseignants-chercheurs 2021”

  1. Berlioz Répondre | Permalink

    Bonjour M. Ramus,

    Quand on est soi même nommé MCF en psychopathologie clinique psychanalytique, on lit votre post avec le sentiment d'être indirectement jeté en pâture au public, sans raisons.

    Alors qu'on fait notre travail comme les collègues des autres sous-disciplines de la psychologie (avec qui on a d'ailleurs de très bons rapports), qu'on enseigne le métier de psychologue clinicien avec référentiel psychanalytique – pratiqué par l'immense majorité des collègues psychologues et utile à tout le monde –, on est ciblés comme des incongruités.

    Le ressenti est violent et tranche tellement avec le respect mutuel du "terrain".

    Ne doutez-vous pas de vos procédés ?

    N'avez-vous pas l'impression d'être sur la voie ultra-dogmatique qui mène d'autres à ceci :

    https://philippe-boyer.eu/liste-des-600-gauchistes-complices-de-lislam-radicale-qui-pourrissent-luniversite-et-la-france/

    Pourquoi vouloir à ce point diviser dans le camp des enseignant-chercheurs ? Qu'est-ce qui vous anime ?

    Cette culture de la caricature, de l'accusation, de la délation – même lissée derrière vos petits camembert qui son tellement mignons – ne fait pas honneur à votre statut de fonctionnaire, au service du bien commun et du débat constructif.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Que certains de mes articles vous déplaisent, je le conçois fort bien. Mais c'est étonnant de réagir spécifiquement sur celui-ci, qui ne fait que décrire le plus factuellement possible une situation, sans porter de jugement de valeur sur les différents types de psychologie clinique. Ce n'est tout de même pas vous insulter (ni vous caricaturer, ni vous accuser, ni vous dénoncer) que de dire que votre courant est majoritaire à l'université au sein de la psychologie clinique.

      Le ressenti est violent et tranche tellement avec le respect mutuel du "terrain".

      Si dans votre département vous avez le sentiment d'un respect mutuel avec vos collègues cliniciens dans d'autres courants, vous m'en voyez ravi. Mais ne jugez pas qu'à l'aune de votre situation, les retours que j'ai de nombreux départements ne correspondent pas franchement à la description "respect mutuel".

  2. Berlioz Répondre | Permalink

    Pour vous répondre : vous mettez en avant une neutralité factuelle qui n'existe pas.

    Vous semblez bien peu réflexif quant à vos biais personnels.

    Choisir de faire ce genre de statistiques (qui plus est discutables sur le fond - mais passons outre) n'est pas neutre : vous sous-entendez qu'il y aurait un problème puisqu'il faut en parler spécifiquement, mettre l'accent dessus (je ne vais pas vous apprendre ce qu'est la performativité discursive).

    Le titre de votre post de blog n'est pas neutre non plus :"Observatoire de la psychanalyse à l'université" fait référence à d'autres observatoires : de l'islamisation, du non respect de la laïcité, de la délinquance, des féminicides, de l'islamophobie, etc., etc. bref de phénomènes censés devoir inquiéter la société et les décideurs publics et contre lesquels certains se mobilisent à juste titre.

    Il est curieux que vous n'assumiez pas ce positionnement très partial – de dénonciation calomnieuse –, soit que vous n'en ayez pas conscience (et alors, j'espère que je vous aurai éclairé sur vos motivations non conscientes), soit que vous feigniez de ne pas en avoir conscience (ce qui signerait une attitude plus retors).

    Je vous laisse nous dire où vous vous situez, n'ayant pas la prétention de trancher par moi-même.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      J'assume parfaitement mes positions sur la psychanalyse, qui ne sont un mystère pour personne et qui s'exposent sur de nombreuses pages de ce blog.
      Mais les analyses que je présente ne sont ni justifiées, ni forcément biaisées par mes positions.
      Ce qui justifie ces analyses, c'est le besoin de savoir ce qu'il en est. Tout et son contraire se dit à ce sujet, de "la psychanalyse est le paradigme exclusif de la psycho clinique en France" à "la psychanalyse a quasiment disparu". Que l'on soit pro- ou anti-, il est utile de connaître la réalité, et comment cette réalité évolue dans le temps. En tous cas, c'est comme ça que j'aborde la question. Ma principale motivation pour prendre le temps de faire ces analyses est de satisfaire ma propre curiosité. Je n'ai aucun intérêt à me leurrer moi-même, à trouver matière à me réjouir ou à me lamenter à tort.
      Après, il est possible que malgré tout le soin que j'apporte à les mener rigoureusement, il subsiste des erreurs ou des biais dans mes analyses. C'est pour cela que je mets à la disposition de tous les données brutes sur lesquelles j'ai travaillé, de manière à vous permettre de 1) vérifier mes analyses; 2) détecter d'éventuels biais ou erreurs; 3) les corriger; 4) refaire les analyses d'une manière qui vous parait plus appropriée. Difficile de faire plus transparent et "open science"! A quand un tel standard dans la recherche en psychanalyse? 😉
      Bref, si vous pensez que mes analyses sont biaisées, retroussez-vous les manches, refaites-les et exposez-nous les résultats!

      • Yann Tual Répondre | Permalink

        Rien a ajouter, mais les plus modérés s'exprimant plus modérément et plus rarement, ce qui crée un déséquilibre dans ce débat épistémologique, je vous soutiens dans votre démarche d'exigence épistémique, en ces temps de débat publique lié aux assises de la psychiatrie.
        Merci Franck Ramus pour votre apport.

  3. Berlioz Répondre | Permalink

    Merci pour cet échange et cette réponse circonstanciée.

    Pour vous auto-décerner le label « Open science », cependant, il serait opportun que vous rendiez plus facilement accessibles les données. Le lien vers un simple fichier Excel général rend la contre-analyse fastidieuse, quant on a beaucoup de choses plus intéressantes à faire que de répondre à un post de blog.

    Vous pourriez au moins mettre les liens vers toutes les fiches de poste de MCF en psychologie clinique, que l'on puisse avoir une vue rapide sur les signifiants à l'oeuvre.

    Je pense que si on prenait le temps d’analyser plus qualitativement ces fiches, on verrait que beaucoup sont nuancées et que votre dichotomie franche entre clinique "psychanalytique" et "non psychanalytique", dans son extrême exactitude apparente, ne fait que trahir vos partis pris – c'est-à-dire vos biais personnels.

    Comme lorsque les Grecs anciens distinguaient entre "nous" et les barbares. La catégorie « barbare » s’oppose-t-elle à ce point à la catégorie des Grecs, si l'on en revient aux humains qu'elles désignent ?

    Un autre biais personnel apparaît dans le glissement sémantique insidieux entre votre initial « la majorité » et votre conclusif « très majoritairement » (qui est est ce qui laisse la dernière impression au lecteur).

    La réalité de 13 postes supposément « psychanalyse » contre 9 supposément "non psychanalyse » contraint effectivement à énoncer qu'une une majorité va du côté supposé (cf. les nuances possibles) « psychanalyse » : 13 pour une moyenne de 11. Deux de plus que la moyenne. Contre 9. Deux de moins.

    Votre première formulation est donc acceptable bien que le « seul » que vous ajoutez amplifie insidieusement la réception (révélant votre biais « déceptif ») :

    « Comme l’année dernière, la majorité des postes en psychologique clinique (13 sur 22) sont affichés avec une orientation psychanalytique, seule une minorité sont ouverts pour toutes les autres orientations cliniques (9 sur 22) »

    La seconde formulation, par contre, fait un pas de plus ; vous passez de « majoritairement » à « très majoritairement » :

    « De plus, comme l’année dernière, on ne peut que constater un déséquilibre entre les postes de MCF ouverts au concours en psychologique clinique (très majoritairement psychanalytiques), et les demandes de qualification des jeunes docteurs en psychologie (majoritairement non psychanalytiques) »

    D’où vient ce « très » surajoutée au fil du discours ?

    Est-ce la conséquence d’une logique factuelle ? Auriez-vous trouvé un 14, 15, 16 ou 17e poste supposément "psychanalyse" sur les 22 ?

    Non, sauf erreur de ma part, aucune donnée nouvelle n’est apparue (on est toujours à 13/22 contre 9/22).

    C'est donc bien la conséquence d’une logique affective, d’un biais personnel, qui vous fait soudain voir du majoritaire comme "très majoritaire".

    En ce cas, on peut le dire, il y a un biais de plus dans l’analyse.

    Dans la tournure finale aussi, vos biais interprétatifs apparaissent :

    « En tout état de cause, les recrutements de 2021 ne sont pas de nature à remettre à en cause la prépondérance de la psychanalyse au sein de la psychologie clinique dans les universités françaises ».

    On remet en cause ce qui "doit" être remis en cause.

    Votre formulation sous-entend que c’est le cas (tout comme, rappelons-le, le titre de votre poste : l'Observatoire de la psychanalyse à l'université).

    Mais vous ne donnez aucun argument que l’on pourrait discuter ; vous considérez que c’est une évidence (biais d'adressage aux lecteurs de votre blog, où vous prêchez des convaincus).

    Car, par exemple, si les facultés de psychologie continuent de privilégier à + 2 de la moyenne les postes orientés par la psychanalyse – quand bien même cela vous déplaît à titre personnel (nouveau biais) –, c’est peut-être qu’elles ont de très bonnes raisons pour le faire, du point de vue de la formation des futurs psychologues de terrain.

    Vous êtes-vous posé la question au moins ?

    Peut-être pas, puisque vous ne connaissez de la psychologie que celle de laboratoire, et non celle de terrain, n’étant pas clinicien vous-même.

    Cela appellerait peut-être à plus d’humilité dans la présentation des choses.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Très amusant de commencer par déclarer avoir "beaucoup de choses plus intéressantes à faire que de répondre à un post de blog" puis de continuer par une exégèse longue comme le bras! Si j'étais psychanalyste, j'interprèterais cela comme reflétant un conflit inconscient...

      Votre commentaire illustre bien l'un des travers de la psychanalyse, qui est de se focaliser sur l'interprétation, au détriment du contenu. Il aurait suffi de me lire un peu plus attentivement pour trouver moins matière à gamberger. Dans une phrase, je parle de "la majorité des postes en psychologique clinique (13 sur 22)". Dans une autre phrase, je parle des "postes de MCF ouverts au concours en psychologique clinique (très majoritairement psychanalytiques)", parce qu'il y en a 8 sur 12.
      Voilà, 13/22=59%, 8/12=67%, je me réserve le droit de faire la différence entre les deux proportions, et d'appeler la première "majoritaire" et la seconde "très majoritaire".

      Merci d'être venu, au revoir, moi aussi j'ai "beaucoup de choses plus intéressantes à faire" que de vous apprendre à lire.

  4. Berlioz Répondre | Permalink

    Ah oui, vous avez raison, vous mélangez tellement les chèvres et les choux qu'à la fin on s'embrouille.

    Tout cela ne change rien au fond de ma remarque initiale.

  5. Schneider Répondre | Permalink

    Ah quand un Observatoire des dérives scientistes en psychologie ?

    Non mais vraiment... lamentable cette sournoiserie... ce dogmatisme... cette arrogance... de quelqu'un qui n'a jamais eu de patient en face de lui, mais qui donne incidemment, au fil de son blog, ses recommandations de bonne pratique et ses petites suggestions larvées pour l'université...

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Autant je n'ai jamais prétendu soigner qui que ce soit, autant des "patients", j'en ai eu quelques-uns en face de moi, depuis plus de 20 ans que je fais de la recherche sur les troubles neurodéveloppementaux. Pensiez-vous réellement que l'on pouvait faire de la recherche sur les patients sans rencontrer les patients?
      De surcroit, non seulement de nombreux "patients" ont participé à mes recherches, mais eux et leurs familles m'ont accordé leur confiance en me demandant de participer aux comités scientifiques de leurs associations: la Fédération Française des Dys, et la European Dyslexia Association. Curieusement, je n'y ai jamais rencontré de clinicien d'orientation psychanalytique. Vous en déduirez sans doute que les "patients" ne savent pas ce qui est bon pour eux!

  6. Renan Répondre | Permalink

    Le scientisme est effectivement un fléau qui a fait chuter drastiquement le niveau des UFR de sciences humaines, Mr Ramus à au moins l'honnêteté d'admettre qu'il n'est pas dans l'optique de réfléchir.
    "Se focaliser sur l'interprétation au détriment du contenu"
    Il sous entend par cette phrase qu'un contenu peut être neutre et sans interprétations possibles.
    L'interprétation n'est pas un gros mot, c'est même essentiel pour rendre compte des recherches, même les plus experimentales.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Intéressant, cette affirmation sur "le niveau des UFR de sciences humaines". Quelles données proposez-vous à l'appui d'une chute du niveau?

      Et je vous rassure, moi aussi je fais des interprétations de mes résultats, ce que vous pouvez vérifier en lisant n'importe lequel de mes articles scientifiques. En revanche, pour moi, une bonne interprétation est une interprétation qui ne fait pas dire aux résultats plus ou autre chose que ce qu'ils disent. Ce qui est précisément ce que je reprochais à Berlioz ci-dessus.

      • Renan Répondre | Permalink

        Difficile de faire plus arbitraire comme réponse, pour ne pas dire subjective.
        Il faut un sacré dose de prétention pour affirmer que l'on est du côté "des bonnes" interprétations.
        Vos articles sont des compte rendis de données très vulgarisés et ne proposent jamais de pistes de réflexions.

        Vos interprétations des données sont inévitablement un parti pris et le votre relève de l'idéologie. Vous êtes particulièrement connu pour votre rigidité et votre autoritarisme épistémologique.

  7. Norbert Répondre | Permalink

    Bonjour Monsieur,

    Un post factuel (chiffres donnés par des infographies) sans analyse ou interprétation personnelle. Et des commentaires qui vont de la mauvaise lecture à l’insulte en passant par l’argument ad hominem. Merci pour cette expérience !

    Norbert

  8. Natasha Répondre | Permalink

    Dans les familles, parfois, quand un frère ou une soeur naît, l'autre peut avoir des comportements sadiques.

    Par exemple, dès que les parents tournent le dos il fait des grimaces horribles et méchantes au second. Celui-ci s'en plaint à chaque fois aux parents, mais quand ceux-ci regardent l'aîné, l'aîné a un visage d'ange, il s'étonne des accusations et traitent le puîné de fou, de menteur.

    Aussitôt que les parents tournent le dos ; il s'y remets pourtant.

    La perversité, malheureusement, se poursuit chez certains à l'âge adulte.

    Ils se présentent comme des anges, et instillent dans le même temps leur agressivité larvée (à peine voilée)

    M. Ramus est clairement de ceux-là.

    Lui et quelques autres au CNU luttent FEROCEMENT, depuis quelques années, pour évincer la psychologie clinique de l'université. La lutte est féroce, c'est de notoriété publique. Tous ceux qui y siègent le racontent avec effroi. C'est un déploiement de dureté et de mauvaise foi.

    Ces quelques uns ont réussi, à force de lutte, à exiger que, pour pouvoir être qualifié professeur (PR), il faille deux articles publiés dans une base scientifique internationale, aux niveaux Q1 et Q2.

    Or aux niveaux Q1 et Q2, il y a des centaines de revues de psychologie cognitive (dans laquelle se situe l'auteur - tiens donc !) et très peu de revues de psychologie clinique d'orientation psychanalytique.

    On voit que le choix d'un critère n'est jamais anodin.

    Derrière l'apparence angélique, il y a un acte ; et un acte tourné CONTRE une discipline. Alors que cette discipline est dominante parmi les praticiens et que les master de psychologie clinique sont les plus demandés par les étudiants.

    Ce sont d'ailleurs les mêmes personnes qui, ensuite, signent des pétitions odieuses contre la psychanalyse – comme celles régulièrement produites par Sophie Robert, au mépris des collègues concernés.

    Quand on sait cela, on comprend la perversité qui consiste pour l'auteur à s'étonner que la proportion de PR en psycho clinique soit plus faible que celle de MCF :

    Citons le :
    "En revanche, en 2021, cette répartition n’est pas similaire entre les postes de maitres de conférences (MCF) et de professeurs des universités (PR). En effet, chez les MCF, 8 postes sur 12 sont d’orientation psychanalytique, alors que chez les PR, seuls 5 postes sur 10 le sont. Il n’y a pas d’explication évidente à cela, si ce n’est que les nombres sont faibles et les différences pas forcément significatives"

    Il n'y a pas d'explication évidente à cela.

    Ah bon ?

    Mais l'explication ne serait elle pas en partie que M. Ramus et quelques autres ont tout fait pour en arriver là, via le CNU ?

    L'innocence feinte.

    Tout cet article que certaines ici louent comme étant innocent ("just facts", "just science") ; "oh merci Ramus, vous êtes si neutre"... tout cet article est non neutre. Et l'auteur le sait très bien...

    A commencer par le titre : "Observatoire"...

    On pourrait dire que Ramus, dans tous ses actes et toutes ses paroles grimace face aux psychanalystes.

    Puis quand le public se retourne vers lui, il prend sa tête d'ange.

    Mais il ne trompe personne.

    Quelqu'un qui signe les pétition de Sophie Robert, qui passe sa vie à décrier la psychanalyse (on ne sait pas pourquoi), qui publie des post intitulés "Observatoire de la psychanalyse", qui lutte avec d'autres pour restreindre l'accès des psychanalystes aux postes de PR, puis dit en public "oh je ne comprends pas pourquoi"

    ... ne trompe personne quant à sa neutralité.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Merci pour cette fine analyse de ma psychologie, j'adore!

      Si ce n'est qu'en fait, je ne fais rien dans le dos de personne. Ce que je pense de la psychanalyse n'est un secret pour personne, ça s'étale sur de nombreuses pages de ce blog. Faites vos jeux: https://scilogs.fr/ramus-meninges/catalogue-ramus-meninges-2021/#psy

      Et penser ce que je pense de la psychanalyse me conduit à me demander quelle est l'importance de la psychanalyse dans les recrutements universitaires en psychologie clinique, d'année en année, et je souhaite avoir la réponse la plus fiable et objective possible à ma question. Si quelqu'un relève de véritables biais dans mon analyse, alors je la referai en en tenant compte, car l'objectivité de la réponse m'importe personnellement.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Je vais juste corriger une erreur manifeste:
      "Lui et quelques autres au CNU luttent FEROCEMENT, depuis quelques années, pour évincer la psychologie clinique de l'université."

      Non, je ne lutte pas du tout contre la psychologie clinique! Je pense au contraire que la psychologie clinique est extrêmement importante, et que ceux qui la pratiquent doivent avoir une formation de haut niveau, basée sur les connaissances les mieux établies au niveau international.
      C'est ce que je défendais dans cet article par exemple: https://scilogs.fr/ramus-meninges/recrutement-enseignants-chercheurs-psychologie/

      Et c'est justement parce que je trouve la psychologie clinique importante que je lutte contre la psychanalyse: parce que la psychanalyse n'est qu'une théorie et une pratique au sein du vaste catalogue de la psychologie clinique, et ce n'est ni une théorie valide, ni une pratique efficace.

      Alors pourquoi commettez-vous cette erreur de croire que je lutte contre la psychologie clinique? Peut-être parce que vous croyez que la psychologie clinique se réduit à la psychanalyse? C'est précisément ce qu'on vous reproche.

  9. Yann Tual Répondre | Permalink

    Nathasha, (je me permet de vous appeler par votre pseudo), quand vous écrivez "Il ne trompe personne, vous avez raison, il s'exprime juste sincèrement, mais si vous insinuez qu'il est seul a penser ce qu'il écrit, détrompez vous, à commencer par moi et de nombreux chercheurs ou cliniciens que je fréquente.
    Peu importe ce que vous ou moi pensez, en revanche la quantité grandissante des personnes qui se forment à l'épistémologie orienteront, (que vous et moi le voulions ou non), les choix de prise en charge clinique.
    Alors nous pouvons essayer de comprendre ce phénomène dont semblent s'étonner nombre de vos collègues psychanalystes, (dans Le Monde ou Médiapart), ou essayer de nous interroger sur l'objectivité de notre regard, de nos connaissances, comme je l'ai fait après des années de travail dans le but de devenir psychanalyste ou Gestalt thérapeute.
    Certains concepts se défendent, (telle la notion de transfert), d'autre n'ont aucune assise épistémologique solide, (le complexe d'œdipe).
    Nier l'avancée de la connaissance nous expose à nous aigrir et nous isoler, ce que je ne souhaite à aucun psychologue, tous étant, j'en suis persuadé, animés sincèrement par de bonnes intentions.

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