15 questions à Béatrice Sauvageot

18.12.2022 | par Franck Ramus | dys, expertise, orthophonie

Courriel envoyé le 18/12/2022:

Chère Mme Sauvageot,

Suite à la publication de votre conférence à TEDxMinesNancy, j’ai été interpellé par de nombreuses personnes se posant des questions et souhaitant avoir mon avis. Je l’ai donc écoutée, et j’ai moi aussi beaucoup de questions. Auriez-vous l’obligeance d’y répondre ? Comme vous êtes chercheuse en neurosciences, je ne doute pas que vous saurez appuyer vos réponses sur des références scientifiques solides.

Comme beaucoup de personnes se posent visiblement les mêmes questions, je propose que ces questions et ces réponses soient publiques. Je vais donc publier la liste de questions ci-dessous sur mon blog. Dès réception de vos réponses, si vous en êtes d’accord, je les y ajouterai. Ainsi, vous n’aurez à répondre à ces questions qu’une seule fois, et tout le monde sera éclairé.

Dans l’attente de vous lire, bien cordialement,

Franck Ramus

  1. Qu’appelez-vous l’ambilexie ?
  2. Vous dites « selon l’Insee 24% de la population présente des troubles d’apprentissage (…) un quart d’entre nous est dys ».
    J’ai cherché et trouvé les résultats de l’enquête Information et vie quotidienne 2011, mais je n’y trouve pas le nombre cité. Par ailleurs l’enquête de l’Insee recense des difficultés en lecture, écriture et calcul, pas des diagnostics de troubles des apprentissages. Pouvez-vous donc expliquer d’où vient l’estimation de 24% de troubles d’apprentissage?
  3. Vous dites : « Les dys sont hyper empathiques ».
    Sur quoi repose cette affirmation ?
  4. Vous dites : « Ils voient 36 images par seconde au lieu de 25 ».
    Sur quoi repose cette affirmation ?
  5. Vous dites : le dys « veut sauver le monde entier ».
    Sur quoi repose cette affirmation ?
  6. Vous dites : « Gandhi, Mère Teresa : des dys ».
    Pouvez-vous donner la source de ces diagnostics ?
  7. Vous dites : « On dit qu’ils confondent les sons, qu’ils les inversent (…) enfin on dit n’importe quoi. »
    Affirmez-vous que les personnes dyslexiques n’ont pas de difficulté avec la conscience phonologique ?
    Dans ce cas, sur quoi repose cette affirmation ?
  8. Vous dites : « Il y a plein de dys qui n’ont aucun trouble d’apprentissage ».
    Sur quoi repose cette affirmation ?
  9. Vous dites : « Le seul moyen de s’y mettre, c’est à partir de 4 ans en jouant, parce que si on joue aux phonèmes et aux graphèmes, si on joue à construire, à développer, à conceptualiser ce qu’est en fait le vrai apprentissage de la lecture et de l’écriture tel qu’on le connait en neurosciences aujourd’hui, eh bien il n’y aurait même plus de dys parce qu’on passerait direct à l’ambilexie. »
    Quelle est la preuve de l’efficacité d’une telle méthode pour faire disparaître les dys ?
  10. Vous dites : « Il y a 80% des femmes qui sont pas dépistées ».
    Sur quoi repose cette affirmation ?
    Quel que soit le taux véritable de dépistage, sur quoi repose l’affirmation implicite selon laquelle les femmes seraient moins dépistées que les hommes ?
  11. Vous dites : «En gros à partir de 8 ou 9 ans le dys de toute façon il veut mourir ».
    Sur quoi repose cette affirmation ?
  12. Vous dites : « L’analyse de nombreux corpus de dys par des linguistes du monde entier dans différentes langues a démontré qu’ils utilisent une langue neurologique universelle ».
    Sur quoi repose cette affirmation ?
    Quelle est la définition scientifique d’une « langue neurologique universelle » ?
  13. Vous dites : « Si on stimule les caractéristiques de leur langue, ils deviennent alors ambilexes ou bilexiques, et le préfixe dys disparait à jamais. »
    Pouvez-vous expliquer précisément en quoi consiste la stimulation des caractéristiques de leur langue ?
    Et quelles sont les preuves de l’efficacité de cette méthode pour faire disparaître les troubles dys ?
  14. Vous dites : « Alors les solutions : eh bien oui, il faut repérer la dyslexie et il faut que ça soit gratuit. Il faut le faire partout. Et puis il faut aussi une rééducation efficace en numérique ou en présentiel. »
    En quoi ces préconisations diffèrent-elles de ce que tout le monde dit déjà ?
  15. Vous dites : « La dyslexie c’est fini. Nous savons comment la repérer, empêcher l’installation des troubles, les rééduquer s’ils sont déjà installés, et développer les potentialités. »
    Pouvez-vous donner les références scientifiques de tout ce savoir sur le repérage, la prévention, la rééducation et le développement personnel ? Et les références des études montrant que l’application de ce savoir permet de faire disparaitre la dyslexie ?

Non-réponse

Béatrice Sauvageot m'a répondu le 21/12/2022. Elle ne m'a pas autorisé à recopier son message ici.

En substance, elle m'invite à découvrir ses recherches menées sur les 30 dernières années en venant la rencontrer et découvrir ses rééducations, ses outils, et ses résultats avec ses patients. Elle ne répondra pas à mes questions, et ne fournira pas non plus des références bibliographiques qui pourraient y répondre ou détailler ses recherches.

Ce dernier point est ennuyeux, car j'ai beau chercher sur diverses bases de données, je ne trouve rien qui ressemble à une publication de recherche:

https://scholar.google.com/scholar?q=b%C3%A9atrice+sauvageot

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/?term=%28sauvageot%5BAuthor+-+Last%5D%29+AND+%28b%5BAuthor+-+First%5D%29&sort=date

Je crains donc qu'on n'en sache pas plus sur les sources de toutes ces affirmations.


Mes commentaires

Bien que les citations me semblent parler d'elles-mêmes, certaines personnes ne connaissant pas bien la dyslexie souhaitent tout de même savoir ce que j'ai à en dire. Voici donc quelques commentaires rapides.

1: Néologisme dont Béatrice Sauvageot est l'inventrice, et sans doute la seule utilisatrice dans le monde. La seule occurrence que j'ai trouvée est un article très ancien, qui l'utilisait dans un sens différent. Idem pour la bilexie.

3, 5, 6: Je ne connais aucune étude scientifique qui permette d'affirmer cela. En cherchant un peu, celles que j'ai trouvées semblaient plutôt indiquer le contraire (plus faible empathie et théorie de l'esprit en moyenne chez les personnes avec dyslexie ou troubles des apprentissages):
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13803395.2016.1199663

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/24750573.2017.1387407

Quant aux diagnostics post-mortem des célébrités, on en trouve déjà suffisamment comme ça sur internet, pas la peine d'en rajouter.

4: Je ne connais aucune étude scientifique sur le sujet. Cela serait vraiment extraordinaire si c'était vrai. On peut lire sur twitter le commentaire de quelqu'un qui est plus expert que moi en vision.

7: Si cette phrase dit bien ce que je comprends, alors elle remet en cause, sans la moindre justification, l'hypothèse cognitive sur la dyslexie qui fait l'objet du plus grand consensus scientifique. Pour une revue récente, voir par exemple:

Share, D. L. (2021). Common Misconceptions about the Phonological Deficit Theory of Dyslexia. Brain Sciences, 11(11), Art. 11. https://doi.org/10.3390/brainsci11111510

8: Les troubles dys sont par définition des troubles des apprentissages, appelés par exemple "trouble développemental de l'apprentissage" dans la 11ème version de la Classification Internationale des Maladies produite par l'OMS. Toute définition n'est bien sûr qu'une convention, et on pourrait en changer. Mais pourquoi changer le sens de mots sur lesquels tout le monde s'accorde?

9: L'idée selon laquelle développer la conscience phonologique des enfants permet dans une certaine mesure de prévenir la dyslexie est consensuelle. Que veut dire "le vrai apprentissage de la lecture" et "passer direct à l'ambilexie", je ne sais pas. Et l'allégation selon laquelle "il n'y aurait même plus de dys" est extraordinaire, et mériterait donc des preuves extraordinaires.

10: Je ne connais aucune donnée à l'appui de cette affirmation.

11: Les enfants avec troubles dys, comme tous les enfants en difficulté, sont plus sujets à divers troubles psychologiques comme la dépression, et peut-être aux idées suicidaires dans les cas les plus critiques. Mais la généralisation paraît quelque peu osée.

12: Je n'ai pas connaissance de tels travaux, ni la moindre idée de ce que pourrait signifier une "langue neurologique universelle".

13: Idem, je ne comprends pas ce que peut vouloir dire "stimuler les caractéristiques de leur langue". Et à nouveau, l'allégation thérapeutique est extraordinaire et mériterait donc des preuves extraordinaires.

14: Ce sont pour moi des lieux communs consensuels présentés comme des "solutions".

15: L'allégation extraordinaire est à nouveau répétée. Malgré tout, en 18 minutes de conférence, aucune description précise et intelligible de la nature des rééducations proposées par Béatrice Sauvageot n'a été donnée. Les seuls indices donnés sont formulés dans un jargon qui lui est propre et qui semble totalement déconnecté de toute compréhension scientifique actuelle des troubles dys, et des apprentissages de la lecture, de l'écriture et des mathématiques.


16 commentaires pour “15 questions à Béatrice Sauvageot”

  1. Julien machet Répondre | Permalink

    Merci pour ce travail salutaire. Ce serait tout à son honneur de répondre mais j'avoue que je doute... Au passage en l'absence de réponse, imaginons, une lettre pourrait aussi être écrite aux organisateurs de cette conférence...

    • Beatrice Sauvageot Répondre | Permalink

      bonjour je souhaite répondre non pas aux malheureuses 15 questions mais à des questions beaucoup plus ciblées : comment rééduquons nous les troubles d'apprentissage? nos références? nos outils?
      je propose un webinaire avec Franck pour avancer tous ensemble, en attendant, je vous conseille le film TAARE ZAMEEN
      j'espère que l'on pourra se réunir pour ceux qui le souhaitent afin de répondre à autant de questions que vous voudrez

  2. Ledoux Répondre | Permalink

    C'est curieux de lire qu'elle est chercheuse en neuroscience, je ne trouve pas de publication scientifique de sa part 🤔. Bon je n'ai pas cherché des heures.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      D'habitude les médias la présentent comme formée aux neurosciences, ce qui est déjà plus plausible. Là TEDxMinesNancy s'est surpassé pour faire mousser son intervenante!

  3. Haplo Répondre | Permalink

    Excellente façon d'aborder la critique avec pédagogie, en pointant ce qui ne va pas avec des questions.
    J'essaie (à mon modeste niveau, en orthoptie) de faire de même dans mon métier.

  4. Yann Tual Répondre | Permalink

    Merci, vos réponses respectueuses concernant la forme en évitant une agressivité inutile, même si franches, sont extrêmement développées sur le fond et donc très enrichissantes, un exemple sur un site habitué à des échanges de bas niveau.

  5. Tual Yann Répondre | Permalink

    Concernant le site de bas niveau, je faisais référence à Twitter qui m'a conduit sur votre blog, pas à ce dernier bien entendu, dont j'apprécie la grande qualité.

  6. Haplo Répondre | Permalink

    Et sinon, sur le fond, vous pourriez développer ? (je pense que non, mais on ne sait jamais!)

  7. SkepticPlatypus Répondre | Permalink

    Je prétends:
    - élever le niveau du débat
    - démontrer une erreur de M. Ramus
    - faire avancer la science
    - ou à défaut vous avoir fait rire au moins une fois.

    Commençons par une analogie entre science et musique.

    Dans une grande chorale chante Lea. Dans l'ensemble c'est supportable, même pour un mélomane.
    Mais une très grande chaîne de radio musicale vient de consacrer une émission juste à cette "grande" chanteuse, et là, solo catastrophe...
    Pour les non-avertis, à savoir la majorité de la population, ça passe encore, et les recettes publicitaires suivent.
    Mais Monsieur R., directeur d'un grand conservatoire de musique, a eu les oreilles qui saignent en l'écoutant.
    Trop de fausses notes, mauvais tempo. Bref un massacre. On supposerait presque un canular de la part de la radio, qui aurait fait chanter une vraie chèvre !

    Pour dénoncer la supercherie, la logique lui conseillerait:
    - De prouver que c'est une chèvre, et donc que la radio a fait une bonne blague ou est juste nullissime...
    - Ou de prouver qu'elle chante faux, et donc que la radio n'est pas du tout sérieuse.

    Ici, M.R. nous a apporté les preuves (ou du moins soupçons) qu'elle faisait beaucoup de fausses notes.
    Il a consacré beaucoup d'énergie à étudier le timbre de sa 'voix' et à nous démontrer son manque de justesse.
    Et il a même poussé le vice jusqu'à essayer de discuter au téléphone avec elle 😉
    (La - possible - chèvre n'a pas voulu qu'il publie cet 'entretien', et c'est bien dommage car au moins cela aurait pu nous faire rire - ou nous navrer un peu plus.)
    Évidemment il laisse au lecteur la conclusion finale, à savoir de décider s'il s'agit d'un énorme canular, ou si Lea n'aurait jamais du être dans une chorale et encore moins passer à la radio.

    Je dis: il lui suffisait juste de nous montrer une seule preuve, forte, de sa "chèvritude" (c), ou de la cause de la fausseté de sa voix.
    Car si elle chante faux à cause d'un léger défaut d'audition dont elle n'a pas conscience, peut-être qu'elle peut être soignée, si on lui donne cette possibilité, qu'elle le désire, et devenir - avec quand même beaucoup de travail et de volonté - ce à quoi elle aspire: être une grande chanteuse. Ou juste arrêter de chanter, volontairement, et épargner les oreilles de tout ceux qui auraient pu l'entendre.

    Pour ceux qui n'auraient pas compris l'analogie...
    - Être une chèvre, ce serait, effectivement être une vraie chèvre ! On ne peut pas vous demander de faire de la science, et on ne doit pas tenter d’interpréter les sons que vous émettez. Ni même de discuter avec vous !
    - Avoir un défaut d'audition ou autre maladie, c'est être dans l'hérésie scientifique. (Certains diront pseudo-scientifique, charlatanisme, etc.). On n'a pas la 'bonne' définition de la science, et on se permet du coup, volontairement ou involontairement, quelques, ou de nombreux écarts, en se croyant et/ou en prétendant être scientifique.
    La plupart de ces maladies se soignent, et on peut revenir dans le champ de la science si on se soigne.
    Moi il m'a fallu 45 ans pour prendre conscience de cette "maladie", et guérir complètement de cette hérésie. Mais pas de ses conséquences...
    - Le chanteur sérieux est évidemment le scientifique. Il veut faire avancer la science, il reconnaît ses erreurs et travaille d'autant plus dur à les corriger qu'il les estime sérieuses et dommageables.
    Évidemment, il peut arriver à tout chanteur, car humain, de faire des fausses notes.
    Seuls les sérieux l'admettront, et travaillerons d'autant plus leur voix qu'il en ont conscience et veulent se perfectionner. (et rester dans la chorale !).

    Dans cette analogie, j'aurais aimé que M. R. donne au moins une chance à Lea de prendre conscience de son défaut d'audition et de chercher à y remédier... Voire qu'il lui donne un petit cours de chant...

    J'arrête la l'analogie, et je poursuis dans un message à suivre au sujet de "l'erreur de Franck" pour que ce soit plus lisible...

    • SkepticPlatypus Répondre | Permalink

      La seconde partie promise, et tant attendue (au moins par deux personnes !).
      J'aurais aimé en discuter éventuellement avec vous, avant de la poster,
      mais vous êtes très occupé et je ne peux vous le reprocher. Je n'ai juste pas
      su attirer suffisamment bien votre attention. Mea culpa.
      Je vous autorise à supprimer ce message, au moins temporairement, quand vous l'aurez lu attentivement,
      et que vous pensez soit qu'il est nuisible pour la science, soit qu'il devrait être amélioré
      - mais pas sans m'en avertir ni me laisser la possibilité d'en discuter de vive voix avec vous.

      Commençons par les conséquences de vos supposées "erreurs":
      - trop de temps consacré par vous et la communauté scientifique à faire ou lire ou vérifier ce debunk
      - donc moins de temps consacré à un travail plus productif
      - une méthode de clouage au pilori qui me semble fortement perfectible
      - car potentiellement nuisible pour la science
      - et possiblement dangereuse, physiquement et psychologiquement, pour vous
      - et pour la 'victime'

      Notez qu'aucunement je ne vous accuse de "public bashing" ou autre forme d'harcèlement volontaire, ni cherche à défendre Mme Sauvageot.
      Sur le fond, vos arguments sont imparables, et je les accepte, après en avoir quand-même vérifié quelques un ou deux par moi-même. (Plus pour démontrer un peu de plus de méthode scientifique, qu'à cause du doute raisonnable que je me dois de garder, même vis-à-vis de ma grande confiance envers vous et donc vos écrits.)
      J'avoue que j'admire votre stoïcisme et le ton posé de votre article, car après quelques recherches sur le sujet, me viennent à l'esprit d'autres soupçons, possiblement graves, vis à vis de BS, mais vous n'avez pas fait, évidemment, de procès d'intention.
      Et je n'en ferai pas non plus, ici, ou ailleurs - sauf si je peux prouver formellement ces intentions, bien sûr !

      Je me permets donc juste une critique sur la forme, et vous savez évidemment qu'elle est primordiale dans ces cas-là, car vous parlez publiquement et au nom de la science.

      Venons en à la démonstration.
      Je propose une méthodologie légèrement différente, et nous essayons d'estimer si elle aurait eu un coût moindre, d'au moins aussi bons résultats, et un risque moindre.
      Ce n'est pas une démonstration scientifique, pour l'instant, et vous êtes bien assez grand pour estimer la justesse de mes propos et les critiquer si besoin.

      Cette méthode, évidemment perfectible et ajustable en fonction des cas, serait, ou aurait été:

      - Vous contactez en privé BS
      - Dites-lui clairement que vous la passez à la "question scientifique", mais avec tact, et en lui laissant une réelle et sincère chance de revenir dans le champ de la science, et d'y être reconnue. Qu'en tant que scientifique, vous n'avez pas d'autre choix que de mettre au moins certaines de ses erreurs sur la place publique, si vous en découvriez, et qu'elle ne désirait pas s'amender et les corriger elle-même.
      - Commencez par un point mineur sur lequel elle pourrait facilement reconnaître une petite erreur, humaine, après tout, ou vous faire reconnaître que vous vous trompez, ce que vous ferez avec plaisir.
      - Demandez aussi une autre petite preuve de sa bonne volonté. Ici, je lui demanderai par exemple de faire retirer la video, au moins temporairement le temps d'éclaircir quelques points.

      Si le dialogue s'établit, vous pouvez pousser toutes vos questions en privé, pas forcément d'un bloc, et au final cela ne vous aura pas pris plus de temps.
      (Je pourrais détailler, mais vous m'accorderez que dans le cas qui nous intéresse, il y a peu de chances que cela se produise.).

      Disons que le contact ne s'établit donc pas, car BS nierait probablement son humanité et sa capacité à commettre des erreurs, plutôt que d'en reconnaître une petite, même en privé.
      Vous ne pourrez pas avoir une discussion scientifique sérieuse avec elle, probablement avant plusieurs mois ou années et un travail acharné.
      Comme elle ne veut pas, ou ne peut pas répondre à une de vos questions, ni juste reconnaître avoir pu s'être trompé, vous pouvez maintenant passer en mode public, comme vous lui avez annoncé précédemment (et gentiment).

      Préparez la publi, avec:
      - un second argument massue bien étayé et vérifiable aisément démontrant une de ses erreurs les plus flagrantes ou graves
      - tous les autres points qui peuvent vous sembler douteux ou qui demanderaient à être vérifiés (pas uniquement par vous)
      - votre avis sur son manque de scientificité, et/ou l'avis d'un ou deux scientifiques de référence, dans son domaine.

      Présentez-lui ce que vous allez publier, et demandez-lui si elle veut ajouter un commentaire public ou vous autorise à publier vos échanges précédents.
      Promettez-lui que vous rectifierez si elle apporte, par le futur, toutes les réponses demandées, et que vous déclarerez publiquement en ce cas qu'elle est une grande scientifique. Voire même publierez avec elle !
      Attendez un peu une réponse, et publiez.

      Le résultat sera exactement le même qu'aujourd'hui, mais:
      - vous y aurez passé beaucoup moins de temps (précieux pour la science).
      - l'article sera encore plus court et synthétique, donc vous ferez gagner du temps à ceux qui vous lisent
      (et comme beaucoup sont scientifiques, c'est possiblement autant de temps en plus qu'ils consacreront à la science)
      - vous lui aurez laissé une possibilité de devenir scientifique et de contribuer
      - personne ne pourra vous soupçonner de bashing
      - vous aurez la conscience plus tranquille 😉

      Où est l'erreur, me direz-vous donc ?
      Certainement pas de ne pas avoir appliqué cette méthode, car vous ne l'aviez pas !
      Ni de ne pas l'avoir imaginée, évidemment !

      Les erreurs que vous pouvez donc reconnaître, si vous les estimez avérées:
      - de ne pas avoir cherché activement à améliorer votre méthode, afin de gagner du temps
      - de ne pas avoir assez pris en compte la psychologie humaine pour échanger avec des gens hors-science, et les risques associés à une telle 'négligence'.

      Les causes précises de ces erreurs sont probablement très personnelles, et vous les trouverez spontanément (j'espère).
      Et vous chercherez aussi les causes de ces causes... pour y remédier. Une belle auto-analyse en perspective !
      (Et qui m'intéresse hautement pour améliorer notre compréhension du fonctionnement du cerveau).

      Ne pas appliquer cette méthode, ou une meilleure, par le futur, et dans des cas similaires, serait à mon sens aussi évidemment une erreur, mais vous ne la commettrez pas !

      ---
      Si quelqu'un a trouvé ce propos utile à M. Ramus et donc à la science, a sa confiance, et peut le contacter par SMS, DM, ou autre moyen interactif, peut-il lui demander de jeter un œil à ses mails pro et de me contacter ? Oui, je sais qu'on est presque le 31, mais il devrait vous en remercier.

  8. SkepticPlatypus Répondre | Permalink

    Et le troisième volet, qui est nécessaire pour montrer que la porte est toujours bien ouverte, car Franck ne l'a pas réellement 'claquée', comme j'aurais pu laisser l'entendre. Il a juste suggéré qu'il veillerait à ce que personne n'essaye d'entrer et de lui faire perdre son temps (et le nôtre) sans avoir le sésame... C'est son rôle et ce qu'on attend de lui - et il l'assume à merveille - et ne peut pas vraiment faire autrement.

    Ce volet est, sous forme, en partie, de lettre ouverte (à Mme Sauvageot), que je lui fais aussi parvenir par mail - maintenant que la plaie est à nu. Vous excuserez la difficulté que cela représente de s'adresser à de multiples catégories de lecteurs à la fois, sans avoir à refaire le contenu moult fois, une par lecteur, et y passer un temps infini, ou trop conséquent. Mais bon, la catégorie principale est le scientifique, dont vous êtes probablement, ou celui croyant ou désirant l'être, dont j'ai aussi fait partie avant de devenir au moins aussi scientifique que M. Ramus, j'espère. Ce qui me permet de comprendre les deux parties.

    Je ne vais pas évidemment pas jouer l'avocat de la défense, car il me faudrait m'accorder avec elle (BS) sur les définition des mots qu'elle utilise, et je n'en ai ni le besoin, ni l'envie, ni l'énergie - pas plus que vous - dans un premier temps.

    Restons donc sur une approche purement logique (je suis entre autres, logicien, et... plus, j'espère...), qui ne nécessite aucune référence à autre que de la raison et un peu de méthodologie scientifique. Pour réfuter mon argumentaire, il suffit de prouver au moins une petite erreur de raisonnement de ma part (que je reconnaîtrais et corrigerais avec plaisir si elle est avérée) - ma malhonnêteté intellectuelle - ou juste l'absurdité de la mathématique et de la logique ! D'abord en discussion privée, évidemment, et comme expliqué précédemment... Car en public, vous risqueriez, au mieux de vous faire 'censurer', au pire de vous ridiculiser et de servir de support à une démonstration logique de votre irrationalité ou de votre mauvaise foi.

    Donc réfléchissez et affûtez vos arguments - pour ou contre - qui ou quoi, avant de répondre. Ce message est construit pour ne pouvoir avoir de réponse que sous la forme:
    - de contributions sérieuses et qui seront lues attentivement et discutées honnêtement
    - d'attaques ad hominem 'tu n'es qu'un sale donneur de leçon" - ou pas plus utiles - qui seront filtrées, évidemment, ou gardées pour l'exemple
    - de remerciements - et vous accepterez qu'ils soient compactés en une seule réponse. (Mais n'abusez pas, c'est du boulot aussi pour Franck.).
    Et oui, je n'attaque personne, ne soutiens ni ne défends aucune idée, autre que la logique et le raisonnement scientifique. J'essaye juste d'aider la science et deux protagonistes à se parler et à la faire avancer...

    Passons au faits: Mme Sauvageot, a développé et applique une thérapie cognitive sur ses patients, souffrants de troubles qualifiés 'dys' - lexie, graphie, ortho... peu importe. Ne considérons que les dyslexiques, qui semblent mieux définis par le consensus cité par M. Ramus, au moins, dans un premier temps. C'est déjà pas mal.

    J'ai trouvé une video qui illustre un peu cette thérapie, beaucoup plus intéressante que celle de TEDx, et curieusement réalisée par le CE du CNRS, qui propose ses 'stages de ré-éducation':
    https://mag.caes.cnrs.fr/le-caes-sengage-aupres-des-dys/
    (Ceci à des fins d'illustration de sa méthodologie, que je m'abstiendrai de commenter ou critiquer, n'étant pas spécialiste en orthophonie, ni sur ces troubles).
    À part des prétentions un peu extraordinaires - pour qui voudrait bien y croire - mais pas plus qu'une voiture 500% électrique ! - et un lexique à rectifier, comme Franck l'a démontré, et donc si je n'attendais pas plus d'une video TEDx que d'une pub sur TF1, ou si je pensais qu'il puisse y avoir une tentative manifeste d'escroquerie, ou un risque de dérive autre, il n'y aurait pas grand chose à redire. On a d'autres chats à fouetter.

    Évidemment, cette ré-éducation a un effet, au moins temporaire, sur le patient, car elle crée des signaux chimico-électriques dans son cerveau, qui peuvent engendrer des modifications de connexions synaptiques. Bref de la mémorisation, de l'apprentissage, peu importe le terme... Comme quand vous me lisez. Manipulation ? ah, ah.

    En effet, et indépendamment de la qualité et de la forme de son travail de recherche (publications dûment enregistrées ? revues par des pairs? ) - peut d'abord se poser une question quantitatives, plus accessible:
    l'efficacité de cette thérapie, d'une part par elle-même, mais aussi comparée aux autres moyens connus/disponibles/utilisés par les divers acteurs (professeurs, ortho*, parents) lorsque des cas de dyslexie, graphie, ... se présentent.

    Ce n'est pas parce que BS nous présenterait un raisonnement partiellement faux, voire même inutile ou absent, qu'elle n'aurait pas pu trouver, par intuition, ou même par un absolu hasard, une thérapie qui serait "meilleure" que celles connues, au moins dans certaines conditions identifiables.

    C'est la question 9 de Franck: "Quelle est la preuve de l'efficacité d'une telle méthode pour faire disparaître les [troubles] dys ?"
    Certes il peut paraître déjà un peu difficile d'y répondre, mais pas tant que ça... Et cela me permet aussi de jouer au jésuite avec un pastafarien, ce qui me réjouit.

    Si vraiment vous(BS) n'aviez aucun début de preuve, autre que votre conviction profonde et un "ressenti" dû 30 ans d'expérience professionnelle, vous pourriez toujours lui demander:
    - M. Ramus, auriez-vous en tête une méthodologie valable pour évaluer l'efficacité de la méthode que je préconise ?
    - Connaissez-vous des études qui l'utilisent ?
    - Voulez-vous ou connaissez-vous quelqu'un qui voudrait participer à l'élaboration d'un protocole, ou d'une étude ?

    Et le deuxième point que vous voudrez défendre, scientifiquement, est juste le début de la question 15 de M. Ramus:
    "Pouvez-vous donner les références scientifiques de tout ce savoir sur le repérage ?" (et rien de plus).

    Car oui, si vous savez repérer - même juste un peu plus efficacement, ou précisément, ou juste un peu plus tôt - ces troubles - indépendamment de votre capacité à les traiter, alors l'intérêt pour la société est probablement déjà très important.

    Ce qui est aussi intéressant, c'est que vous n'avez en fait qu'à choisir une de ces deux questions, qui vous arrange, apporter un élément de preuve sérieux dessus, et instantanément vous aurez capté toute notre attention, dans le sens positif.
    Une petite preuve supplémentaire de votre bonne volonté et de votre sincérité scientifique, et, hop, vous vous apprêtez à devenir une scientifique reconnue !
    (Je vous suggérerais de demander à TEDx de supprimer la fameuse video, car elle dessert votre propos et les 'dys', indirectement, ainsi que TEDx, et la communauté, très sincèrement)

    Si vous avez besoin d'aide... vous avez un gros bailleur du domaine de l'assurance mutualiste qui a financé en partie le développement de votre application de diagnostic et la met en avant...
    Sa décision a nécessairement été fondée sur quelques études et statistiques, non ? En soi, et sauf s'ils n'ont pas fait correctement leur travail, c'est qu'il existe déjà au moins un gros début de preuve scientifique de la qualité du vôtre.
    Et ils vont s'empresser de vous autoriser à nous la transmettre, s'ils ne veulent pas passer pour des amateurs... Au pire, ils devront se dédire ou financer une étude 😉

    Les autres (13+) points et nombreuses questions levés par Franck ne nécessitent pas de réponse en première instance.
    Pour certains, il vous suffira de mettre quelques guillemets, en attendant de pouvoir mettre dessus une définition précise et acceptée ou d'en trouver de meilleurs, ou les bons.
    Par exemple "langue neurologique"... Je pressens ce que vous pressentez et ne savez pas bien définir, et aurais besoin de beaucoup d'aide et de temps pour en donner une définition formelle. Abstenez-vous donc - ou guillemets - en attendant.
    Sur d'autres, vous reconnaîtrez avoir exagéré, sous la pression de TEDx, et à cause de votre nécessité inconsciente - ou pas - d'attirer l'attention sur vos travaux et votre sincère volonté d'aider mieux les 'dys'. C'est humain, et personne ici ne vous jugera.
    Et sur les derniers, ben oui, vous vous êtes trompée, car vous êtes humaine et que vous ne pouvez pas prétendre à tout connaître, ni même le dixième de ce que sait M. Ramus. Et après ?

    Serviteur.

    • Beatrice Sauvageot Répondre | Permalink

      bonjour connnaisez vous au moins les dysplay?
      et pour ça"- M. Ramus, auriez-vous en tête une méthodologie valable pour évaluer l'efficacité de la méthode que je préconise ?
      - Connaissez-vous des études qui l'utilisent ?
      - Voulez-vous ou connaissez-vous quelqu'un qui voudrait participer à l'élaboration d'un protocole, ou d'une étude ?" oui de nombreuses personnes sont participé à ces études grâce à des collaboration fructueuses avec ministère de la Santé de l'Education Nationale, du Diocèse, de Jeunesse et Sports

  9. Beatrice Sauvageot Répondre | Permalink

    je suis très étonnée d'avoir à répondre comme si je passais le BETC des neurosciences, 30 années de recherche et des centaines de familles rééduquées &, des récompenses multiples que je n'étalerais pas, comme , en étant si jeune, Fra,ck Ramus peut-il critiquer le travail de linguistes de haut niveau qui ont inventé le terme d'ambilexie sous l'égide du dr Jean Métellus, suis je une gamine qui fait un sketch où tout simplemet une femme de terrain, des recherches dans lesquelles s'aliennt contrairement. tous les autres des artistes de très haut niveau, des chercheurs, des thérapeutes, des familles, des entreprises, avez vous seulment testé les dysplay? et Résoances avec le trafic quinntet de Solrey sur les musiques d'Amexandre Desplat et de Georges Delerue. Monsieur Ramus ne connaît-il donc pas Oliver Sachs, Pierre Boulez? mais quelle ignorance et quel manque de curiosité, et oui cela m'étonnerait que ce type de réponse aurait été fait à Oliver Sachs ou à Tim Burton Et oui je propose de partager mes outils (comme si j'avais le temps) et la réponse est ...NO ON NE VEUT RIEN SAVOIR restez dans l'ignorance, le monde avance Comme je suis dans le partenariat, je pensais me trouver face à un esprit ouvert et curieux, heureux de m'inviter à expliquer les audits et les outils primés, le monde est grand les hommes petits disait Jean Métellus et Cocteau : il n'y a pas de précurseur, il n'y a que des retardataires... à méditer...À mes patients, à nos équipes, à ceux qui osent se confronter à l’inconnu, à en tirer le meilleur pour les dys et leurs familles, pour les thérapeutes et les enseignants , conscients des enjeux , des vrais

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Personne n'est obligé à rien. Vous n'êtes pas obligée de répondre aux questions que se posent de nombreuses personnes qui entendent votre discours et se demandent sur quoi ça repose. S'efforcer d'être crédible, c'est un choix, pas une obligation.
      Le genre de réponse qu'on est en droit d'attendre, c'est des sources crédibles, des références précises, à des travaux scientifiques publiés. Pas des allégations de résultats merveilleux, pas des allusions vagues à "des linguistes de haut niveau sous l'égide du Dr Jean Métellus", pas des listes sans fin de noms d'artistes ou de scientifiques dont vous revendiquez le soutien. Juste quelque chose de précis: qui a fait quel travail, et où peut-on le consulter? Par exemple, j'ai pas mal lu Oliver Sacks, et je ne me souviens pas qu'il ait fait des travaux sur les troubles des apprentissages, ou qu'il ait parlé d'ambilexie. Quel rapport précis y a-t-il entre Oliver Sacks et vos affirmations?
      Bref, de la part de quelqu'un qui fait des affirmations extraordinaires, et qui prétend se baser sur des recherches, on attend mieux que du "name-dropping".

  10. sauvageot beatrice Répondre | Permalink

    mon cher Franck et vous toutes et tous qui débattez dans le vide, et si on faisait une intervention publique avec un groupe de dys enfants, adultes adolescents?
    avec vos méthodes et les nôtres?
    on verra qui les rééduquera non? soyons concrets
    je ne vais pas étaler 30 ans d'articles scientifiques ou tout public, vous voulez des preuves?
    allons sur le terrain, je vous y invite et là nous verrons comment faire lire , écrire mémoriser, se concentrer, rendre attentif, méthodique une "dys", arrêtons le bla bla sans aucun intérêt et sauvons donc des patients, un vrai challenge public , recensé et publié
    à votre disposition pour cela
    sinon, vous ne connaissez même pas les articles qui ont été publiés sur chaque jeu des applications numériques dysplay vous ne savez rien de ce que nous faisons au sein de l’association puissance dys et vous critiquez car cela vous paraît incohérent?
    même pas envie de savoir comment et pourquoi nous aidons un large public?
    aucun désir d'en savoir plus?
    c'est hallucinant, je les lis moi vos articles, quelle honte, vraiment!
    parlons des dys et des résultats, faisons le et après les gens jugeront par eux mêmes qui a les bonnes approches, positives, ludiques, bienveillantes et très au faîte de leurs capacités cités et non des vôtres
    vous êtes incroyablement frileux à l'idée de voir quelqu'un qui énonce des expériences qui ont mené à des résultats scientifiques, mais ça, ce n'est pas l'enjeu, non, pour nous il est HUMAIN
    vous ne m'avez même pas dit, rencontrons nous; les deux fois où je vous ai demandé de participer à des études sur un groupe de patients vous n'aviez pas le temps de venir juste jeter un oeil... quand on ne connaît pas, on ne critique pas, quand on s'intéresse et que l'on voit les méthodologies et les résultas, alors, on a le droit d'avoir un avis
    bonnes recherches, les dys et nous avons trouvé et ils se débrouillent même très bien sans nous figurez-vous car nous avons fait en sorte de mettre en valeur nos protocoles grâce à des outils de mesures et de progression à la pointe de certaines technologies mais restez dans votre bulle ou bien, comme je le disais, retroussons nos manches et comparons... ou alors arrêtez de parler de nous et de moi alors que vous ne savez rien, c'est fou , quelle perte de temps, en tout cas, moi, j'ai du boulot alors je vous laisse à vos critiques sans fondements

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