Épidémie de dichotomies

20.12.2021 | par Didier Nordon | Uncategorized

Même quand les choses vont mal, il nous reste le loisir, en France, de nous disputer sur des questions de langue. On ne sait pas encore qui va imposer sa loi, de ceux qui en tiennent pour « le covid » et de ceux qui en tiennent pour « la covid », et voici que, de la même pandémie, surgit déjà une nouvelle querelle. Selon les autorités langagières, on doit prononcer « omicron » avec un n final sonore. Elles ont raison : il est naturel d’homogénéiser la prononciation de cette lettre grecque avec celle de l’autre lettre grecque terminée en « on » qu’est « epsilon ». Mais bien des locuteurs prononcent « omicron » en le faisant rimer avec Macron. Ils ont raison : il est naturel d’homogénéiser la prononciation de ce terme avec celle de « micron », qui a la même origine étymologique. Bref, les deux camps ont de bons arguments pour camper longuement sur leurs positions.
Nous voici donc divisés en quatre catégories selon que nous disons « le » ou « la » covid et que nous prononçons « omicron » avec « on » ou avec « onn ». Ne doutons pas que l’épidémie nous proposera un de ces jours une nouvelle division langagière en deux camps, ce qui nous mènera à huit catégories. Espérons simplement que l’épidémie cesse avant qu’il y ait plus de catégories que de locuteurs du français.

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