Problème pour gens fatigués en fin de vacances

22.08.2021 | par Didier Nordon | Uncategorized

Je lis un roman policier de 300 pages. À la page 100, le coupable est démasqué. Je sais que l’enquêteur a fait une erreur. Il y aura un rebondissement et ce « coupable » sera innocenté. Contrairement à l’enquêteur je dispose en effet d’un indice sûr : dans un polar de 300 pages, le coupable n’est pas débusqué avant la page 299. Ainsi, plus lucide que l’enquêteur, je ne suis pas dupe de son erreur. Cela nuit au suspense.
Comment remédier à ce problème ? Je vois trois solutions. Faire que le lecteur soit aussi ignorant que l’enquêteur, grâce à l’invention d’une technique de fabrication des livres rendant impossible au lecteur de déterminer combien de pages a celui qu’il tient entre les mains. Au contraire, donner à l’enquêteur les éléments dont dispose le lecteur en lui indiquant à quelle page du livre se situe l’instant de son enquête qu’il est en train de vivre. Si aucune de ces solutions n’est réalisable, demander aux auteurs de polars de dévoiler le mystère à un endroit aléatoire de leur texte. À eux d’avoir assez d’imagination pour tenir le lecteur en haleine pendant 300 pages tout en ayant révélé qui était l’assassin dès la page 4 !

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