Parcours sup, et après ? Épisode 2 : l’accueil des « oui si » à l’université

11.10.2018 | par Richard Taillet | Uncategorized

Plus d’un mois après la rentrée universitaire, les enseignements sont bien entamés et comme promis dans mon dernier billet, je vais ici décrire ceux que nous (les équipes pédagogiques de maths, physique et chimie en première année de licence, à l’université Savoie Mont Blanc) avons mis en place spécifiquement pour les étudiants admis à l’université avec une provision « oui si » dans la procédure parcoursup, c’est-à-dire des étudiants dont on pouvait supposer qu’ils risquaient d’avoir plus de difficulté à réussir leur première année.

Deux « parcours réussite »

Pour eux, deux « parcours réussite » ont été mis en place, un PR1 pour une vingtaine d’étudiants qu’on pressent plus en difficulté, et un PR2 pour une autre vingtaine qui le sont un peu moins. Les étudiants concernés ont un enseignant référent qui les suivra toute l’année. Une première rencontre avec les enseignants référents a conduit à la signature d’un contrat, dans lequel l’équipe pédagogique s’engage à suivre l’étudiant et à mettre à sa disposition des moyens spécifiques pour réussir, et dans lequel à son tour, l’étudiant s’engage à participer activement au dispositif. Nous tenons à ce que ce contrat soit explicite et fasse l’objet d’un document écrit et signé des deux parties.

Des rencontres ultérieures entre étudiants et référents permettent de faire le point, de faire éventuellement basculer des étudiants d’un parcours réussite à l’autre, voire à exclure des étudiants du dispositifs s’ils ne respectent pas leur part du contrat.

Les enseignements spécifiques

Plusieurs enseignements spécifiques ont été mis en place dans ces parcours.

Un module de complément de méthodologie du travail universitaire permet d’expliciter certaines exigences des enseignants à l’université, en terme de rédaction et de travail personnel notamment. Par exemple, lors de la première séance, l’enseignant amène des casse-têtes de type « sudoku » (ken ken, train tracks, futoshiki, shikaku) et demande à chacun d’en commencer la résolution. Lorsqu’ils ont trouvé un élément, les étudiants doivent ensuite décrire à haute voix la logique qui les a amenés à cette trouvaille. L’enseignant insiste pour que la description soit claire, sans faille logique, sans ambiguïté. C’est un exercice difficile, mais ludique et enrichissant. Une autre séance est consacrée à la rédaction, ensemble, d’une partie de compte-rendu de Travaux Pratiques (choisi parmi ceux qui seront effectivement réalisés dans le semestre). Une autre encore à la rédaction, ensemble, d’une copie d’examen.  Des séances sont spécifiquement consacrées à l’expression écrite (logique, constructions de phrases, orthographe, etc.).

Un module de compléments de travaux dirigés permet, après chaque séance de travaux dirigés d’une discipline donnée, de revenir sur les exercices qui ont posé problème, ou sur des prérequis qui n’étaient pas maîtrisés.

Un module d’apprentissage par problème permet d’aborder les disciplines sous un autre angle, en laissant l’étudiant complètement libre de sa démarche, en proposant des problèmes très ouverts. L’enseignant peut parfois recadrer les étudiants qui manifestement s’enferrent dans des impasses. Il est surtout là pour apporter aux étudiants les éléments dont ils pensent avoir besoin, au fur et à mesure de leur évolution et de leur réflexion.

Enfin, un module de traitement et représentation des données permet de revenir sur la construction de graphes à partir de données expérimentales et sur le traitement de données brutes pour en tirer le maximum d’information. Ce module commence par une analyse de graphes tirés de la presse (tous les graphes apparus dans le quotidien « le monde » cet été), choix du type de graphe, des axes, des légendes, des couleurs, des symboles, etc. Il se poursuite avec le tracé à la main, papier et crayon, de quelques graphes. Les différentes séances permettent ensuite à l’étudiant de se familiariser avec des outils numériques (Libre Office, python, Wolfram Alpha, calculette, etc), un des objectifs étant que celui-ci ne se sente pas démuni si on lui demande de représenter graphiquement telle série de données. Enfin, c’est l’occasion de revenir sur quelques notions statistiques (moyenne, variance, écart-type, estimateurs), ainsi que sur le traitement des incertitudes expérimentales. Vaste programme, auquel sont dédiées 16 séances de 1h30.

Ces enseignements s’ajoutent aux dispositifs d’aide à la réussite mis en place depuis quelques années en licence : soutien, tutorat, exercices en ligne, cours de mathématiques-outils, équipement de salles multi-tableaux pour le travail en groupe, etc.

Maintenant les jeunes, à vous de jouer, nous on est à bloc !!


Un commentaire pour “Parcours sup, et après ? Épisode 2 : l’accueil des « oui si » à l’université”

  1. Xavier Répondre | Permalink

    Bonjour Monsieur Taillet,

    Merci pour tout ce que vous faites. Etant enseignant en lycée, je serais curieux de connaître l'épisode 3 de cette saga universitaire : 1an après.
    Cordialement.

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