Evaluons les cours des « enseignants »

Une plaie, quand on étudie, c'est de tomber sur un mauvais professeurs (qui se dit souvent "enseignant", n'ayant pas compris la différence) ou sur un mauvais livre.

Je trouve un exemple tout à fait extraordinaire ce matin, dans un Traité de la distillation : les auteurs considèrent un mélange de plusieurs composés, en nombre n, tant qu'on y est, alors que souvent, en pratique, on considère un nombre petit, 1, 2 ou 3... de sorte que l'on aurait eu raison de commencer par considérer le nombre 2, et de généraliser ensuite.

Mais bon. Nos auteurs écrivent que la somme des fractions molaires est égale à 1, sans explication, sans que l'on puisse donc faire autre chose qu'acquiescer, apprendre éventuellement par coeur si l'on fait confiance aux auteurs.
Puis, après des développements, ils parles du nombre de molécules, disant que la somme des nombres de chaque espèce de molécules est égale au nombre total de molécules présente. Là, oui, on comprend, c'est évident, et c'est bien de là qu'il aurait fallu partir, pour diviser cette égalité par le volume et par le nombre d'Avogadro, afin de trouver leur égalité injustifiée initiale.

Bref, nos auteurs n'ont rien compris, n'ont pas bien réfléchi avant d'exposer les choses..., et, d'ailleurs, ce même type de mauvaise exposition se retrouve tout au long du livre. Quelle plaie !

 

Pourquoi nos auteurs ont-ils été si médiocres ? Je suis quasiment sûr, après une longue fréquentation des enseignants et des ouvrages d'enseignement (terme que je déteste, bien sûr) que, dans bien des cas, les enseignants ne comprennent pas ce qu'ils disent ; ils recopient des choses publiées, les répètent, savent éventuellement appliquer des "règles", des équations apprises, mais ils n'ont pas compris.

Pas tous, bien sûr ! Je parle ici des mauvais, de mauvais que j'ai eu comme professeurs, ou de mauvais auteurs (trop nombreux) dont j'ai lu les livres.

Quel dommage, pour eux et pour ceux qui les ont subis, qu'ils n'aient pas fait mieux. Pour eux, ils auraient eu le plaisir de comprendre, a minima. Et, surtout, ils auraient pu vivre dans le bonheur de calculs justes, amusants, enthousiasmants, à l'opposé des discours de singes savants qu'ils étaient. D'ailleurs, savants... Disons charitablement faussement savants.

Je me demande si nous ne devrions pas publiquement identifier les erreurs et les signaler à nos jeunes amis, afin de leur éviter d'y être exposés ?
A cette question, un vieux camarade physicien me répond que cela fait du bien aux jeunes d'être exposés aux erreurs, afin de se "faire le cuir".
Mouais... Pourquoi ne pas chercher à aider nos amis, plutôt ? Et puis, si l'objectif est aussi qu'ils se fassent le cuir, pourquoi ne pas leur apprendre explicitement à se faire le cuir ?

Mais il faut être plus positif. Pourquoi ne constituerions-nous pas une espèce de répertoires de cours bien faits, dans lesquels les étudiants puissent avoir confiance ?
C'est une idée que j'ai proposée à cette revue que sont les Notes Académiques de l'Académie d'Agriculture de France, avec l'avantage que les cours soumis pour publication seraient évalués, ce qui signifie que les rapporteurs ont précisément pour objectif d'aider les auteurs à perfectionner leurs documents.

Aider nos amis apprenants, n'est-ce pas une tâche enthousiasmante ?


3 commentaires pour “Evaluons les cours des « enseignants »”

  1. Soufflet Répondre | Permalink

    Oui, je suis assez d'accord, il y a de bons professeurs ou enseignants d'ailleurs, parce que c'est peut-être vous qui n'avez pas compris, mais dans l'enseignement, on enseigne bien plus qu'on ne professe, car on professe un sentiment, une croyance, alors que le fait d’enseigner est de transmettre à l’élève où à l’étudiant de façon qu’il comprenne et assimile des connaissances et des techniques, donc le terme est beaucoup plus judicieux ! Et vous y allez de votre petite phrase : « qui se dit souvent « enseignant », n’ayant pas compris la différence »… vous me semblez bien présomptueux monsieur !

    Vous devez vous en être tenu finalement à de très vieux livres très mal faits, au lieu de lire ce qui se fait de bien, et il en sort de nombreux bons livres en science, et en physique dans la discipline que je représente devant mes étudiants [j’enseigne et ne professe pas dans l’enseignement supérieur]. Donc ce ne sont pas les enseignants qui n’ont pas compris, c’est vous qui écrivez ce papier qui n’avez pas compris : parfois les ignorants voient l’ignorance chez les autres !

    Je passe sur ce détail que vous mettez pourtant en évidence, parce que votre petit mot est à charge. Je suis moi-même enseignant depuis 29 ans, ayant préparé l'agrégation de physique dans une ENS [Ecole Normale Supérieure] de notre chère nation et assez bien réussi, et je déplore beaucoup de choses de notre système éducatif actuel, avec malheureusement ses mauvais enseignants [surtout ceux de la nouvelle génération que l'on n'interroge quasiment plus sur leur discipline dans les concours de recrutement...], mais aussi ses bons qui se donnent beaucoup de mal pour apprendre à notre jeunesse, à commencer par apprendre à réfléchir, et je me bats contre même, à mon humble niveau, contre ces choses.

    Et pourquoi détestez-vous le terme « d’ouvrages d’enseignement » ? Vous devez peut-être préférer le terme « d’ouvrages de profession », mais celui-ci ne veut rien dire !

    Et de vos affirmations, certain que vous être du haut de votre piédestal : « les enseignants ne comprennent pas ce qu’ils disent : ils recopient des choses publiées, les répètent, savent éventuellement appliquer des « règles », des équations apprises, mais ils n’ont pas compris » … Là, au moins un point positif, vous avez réussi à me faire rire tellement vous êtes réducteurs et donc d’un mode de pensée pitoyable : je pense qu’il y a encore beaucoup d’enseignants qui pourraient vous en remontrer, ne serait que sur une façon de penser moins réductrice et caricaturale !...

    Et vous allez ensuite même dans l’injure en les traitant de « singes savants » : au moins donc ces « singes » comme vous les appelez sont savants, mais vous, quel primate êtes – vous ? Vous ne savez même pas écrire le français correctement ! Vous voulez distribuez apparemment les claques aux autres, histoire peut-être de vouloir rehausser votre égo, mais je constate que vous ne savez déjà pas écrire le français : on écrit "ils parlent" et non "ils parles" ... le saviez-vous ? Je veux bien croire que vous avez eu de mauvais enseignants, et donc n'avez peut-être pas été suffisamment enseigné sur le français ... À chacun ses lacunes me direz-vous [même les atomes ont des lacunes…] : il faut mieux vous renseigner, monsieur, avant de sortir à la va-vite un petit mot de peu de valeurs ! Si je devais vous évaluer par votre petit billet, vous auriez sûrement une très mauvaise note : il y a aussi de mauvais blogueurs pétris de prétentieux ridicules, et ce n’est pas vos titres qui me feront changer d’avis !

  2. Soufflet Sylvain Répondre | Permalink

    Rectificatif de mon commentaire : fin du message : "et ce ne sont pas vos titres qui me feront changer d'avis" ... j'ai pris le temps de me relire, même si j'ai envoyé le message un peu trop tôt. Ce n'était visiblement pas votre cas.

  3. Soufflet Répondre | Permalink

    Bon, il va être trois heures du matin, une longue journée passée à travailler, et donc je corrige ma dernière coquille relevée : "il vaut mieux vous renseigner" ... Je n'enlève rien à ce qui a été écrit plus haut. Vive les bons enseignants qui se donnent beaucoup de mal, tout en étant souvent bien mal payés en France, et que l'on dénigre bien trop souvent ...

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