Faut-il être inquiet pour faire la science ?

Voila la déclaration que me fait un ami … inquiet, et, évidemment je ne peux m'empêcher de discuter la chose, car elle résonne avec un vieux souvenir : il y a plusieurs années, on m'a déjà prétendu la même chose pour la,philosophie, ou encore pour l'art. Ceux qui soutiennent cette idée expliquent que l'inquiétude conduit à s'interroger sans cesse, ce qui est un bon facteur de création. Or il y a création en art comme en sciences, par exemple.
Mais est-il vrai que tous les scientifiques sont inquiets ? La réponse est non : je connais d'excellents scientifiques, lauréats du prix Nobel, qui ne sont absolument pas inquiets, mais, au contraire qui font leur travail dans une grande allégresse, dans une grande quiétude. Évidemment, si l'on n'est pas très bon en sciences ou en art, il y a des raisons d'être inquiet ;-). Ce n'est pas la seule possibilité : on peut aussi penser à des individus inquiets par nature et qui feraient de la science… mais on peut très bien considérer de même des individus très heureux qui font également de la science.
Le bonheur de faire de la science, tout comme l'inquiétude, conduit à une activité soutenue, et donc, pourvu qu'il y ait de la méthode, de d'intelligence, de la méthode, conduit à des résultats notables. Devrait-on dire alors « préoccupé » ? Là encore, il y a une connotation qui n'est pas juste. Devrait-on dire "soucieux" ? Là encore, il y a du souci, ce qui n'est pas juste. Devrait-on dire « intéressé » ? La piste semble meilleure ; continuons dans cette direction en proposant "passionné". Et là, l'histoire des sciences nous montre que bien des grands scientifiques du passé l'étaient. Cette même histoire des sciences ne fait pas, au moins pour les sciences chimiques, état de grands scientifiques inquiets, de sorte que je crois que nous pouvons définitivement réfuter nos amis inquiets et proposer aux jeunes scientifiques un état de bonheur qui soit aussi une condition de succès. Une jeune scientifique peut ainsi «choisir » d'être inquiet ou passionné, mais si j'avais le choix (je ne l'ai pas... et l'on pressent quelle est mon option involontaire), je crois que je prendrais la seconde option.


3 commentaires pour “Faut-il être inquiet pour faire la science ?”

  1. Soleil de minuit Répondre | Permalink

    Et si tout simplement on faisait de la science en ayant toujours cette petite voix qui nous dirait "sciences sans conscience n'est que ruine de l'âme" . Nous n'aurions plus la peine d'être inquiet pour faire de la science.

    Sinon, entre nous mr This, lorsque je vous vois faire vos expériences culinaires et qu'en même temps j'ai mes poulettes qui déambulent non loin de moi et que je voie au loin mon potager, je vous assure que je m'inquiète de deviner ce que je pourrais trouver dans le supermarché du coin. Vous, vous n'êtes peut être pas inquiet mais moi je suis heureuse d'avoir mon poulailler et mon potager.

  2. Xavier Répondre | Permalink

    Être passionné, n'est-ce pas être inquiet et optimiste à la fois ?

    Il faut être inquiet (sinon on va droit dans le mur, et c'est vite décourageant), mais aussi optimiste (sinon on n'entreprend rien) !

    Rien de nouveau : le Yin et le Yang...

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