Je n’ai critiqué l’ « évaluation par les pairs » que jusqu’au jour où j’ai compris comment elle était merveilleuse dans son principe

 

L'évaluation par les pairs est parfois critiquée, parce qu'il y aurait des cas où elle serait injuste, mal faite, etc. Mais il ne faut pas "jeter le bébé avec l'eau du bain", et conserver de sains principes, dont on s'évertue à améliorer la mise en oeuvre.

Personnellement je n'ai critiqué l' "évaluation par les pairs" que jusqu'au jour où j'ai compris comment elle était merveilleuse dans son principe.

Je propose de conserver à l'idée qu'il y a toujours, d'abord, la question du principe, de la direction générale, de la loi, de l'objectif... et ensuite seulement, comme quelque chose de mineur, des exceptions, des cas particuliers, des amendements, des ajustements de la trajectoire.

Et il faut bien garder en tête qu'on l'on ira difficilement dans la bonne direction si l'on part dans la mauvaise, que les amendements ne pourront pas pallier des lois pourries...

Bref, il y a l'essentiel, et l'accessoire.

 

Tout cela pour en arriver au point suivant : bien comprises, bien mises en oeuvre, les évaluations par les pairs sont des outils merveilleux.

Pour la publication scientifique, par exemple, nous sommes bien d'accord que l'essentiel, c'est que des textes de bonne qualité soient finalement mis à disposition de tous.

Certes, nous avons raison de vouloir en être pleinement responsables, de façon parfaitement autonome, mais nous pouvons aussi tout à fait légitimement compter sur des amis qui nous aideront à mieux voir des imperfections, qui discuteront des choix, qui nous reviendront finalement, de toute façon.

Oui, la question principale, c'est de produire de la science de bonne qualité, et oui, la responsabilité nous en incombe personnellement.

Mais le travail scientifique, s'il n'est peut-être pas difficile dans le moindre de ses pas, est compliqué par l'ensemble des considérations qui sont à prendre en œuvre pour arriver à l'objectif : lever un coin du grand voile, faire une découverte.

Car, je l'ai dit ailleurs, mais le diable est caché derrière le moindre geste expérimental, le moindre calcul : nous avons des possibilités innombrables de nous tromper, et nos validations incessantes sont précisément là pour nous éviter trop d'erreurs.

Lors des publications, il en va de même.

Bien sûr, bien sûr, nous pouvons passer beaucoup de temps -et nous le faisons- à relire nos manuscrits, à les relire encore et encore, afin de débusquer la moindre erreur, mais les communautés scientifiques qui on cette responsabilité de ne laisser paraître que de belles publications, et c'est le souci de notre communauté qui a conduit à la mise au point de l'évaluation par les pairs.

L'idée initiale, c'était bien de publier des textes de bonne qualité, mais, progressivement, l'afflux des manuscrits dans les revues a engendré une pratique qui consistait plutôt à chercher des raisons de rejeter les manuscrits que l'on ne pouvait plus publier tous.

Et c'est ainsi que l'évaluation par les pairs a été détournée de son bel objet : les pairs ont été mis en position d'aider les revues à refuser des manuscrits, pour des raisons diverses.

Cela ne condamne pas le bon principe de l'évaluation par les pairs, mais seulement l'utilisation perverse qui en a été faite.

Pour l'évaluation par les pairs, c'est une pratique merveilleuse quand elle est bien mise en oeuvre.

Publier un commentaire